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AKIYO | ANNOU TRAVAY ANSANM ANSANM !

Akiyo, 32 ans de résistances culturelles.
Akiyo, un mouvement culturel pionnier, qui en 32 ans a su forger le respect au-delà des frontières guadeloupéennes.
32 années de recherche et d’évolution musicale, de proximité sociale. « Il est important de savoir se remettre en question pour aller de l’avant d’un pas sûr », explique François Ladrezau.
Akiyo continue le combat, d’œuvrer pour la conscientisation, le partage spirituel, la construction d’une identité Guadeloupéenne. En cette année où le chiffre 32 est doublement symbolique, Akiyo s’adresse aux habitants et aux élus des 32 communes de la Guadeloupe pour délivrer un message d’unité.
Vibz Magazine avait rencontré les membres du groupe lors de leur dernier passage au Bik Kreyol.(Guadeloupe)

VIBZ : 32 années d’existence, qu’est-ce que cela représente ?

Patrick Coquerel : Jusqu’à présent dieu merci akiyo ka potey bien. Le mouvement est confronté aux mêmes difficultés conjoncturelles que toutes les autres associations, mais reste actif. Le local est ouvert à tous. Les membres peuvent participer à des cours de ka, de danse, d’alphabétisation, des groupes de réflexions.

Kok la : 32 lanné. 32 komin. 32 années de résistances, de travail pour le peuple. Nous défendons l’intérêt de l’ensemble des guadeloupéens. Il est important de travailler ensemble pour l’intérêt général. Travailler pour l’avenir du pays, pour notre jeunesse, lui permettre de s’insérer dans notre société en tenant compte de son potentiel.

François Ladrezeau : C’est un long parcours, un perpétuel combat. Akiyo à été créé pour défendre la culture guadeloupéenne. Redynamiser le carnaval qui est un antistress, un défoulement, une thérapie. Il permet de lutter contre le diabète, l’hypertension. Avant il n’était pas à la portée de tout le monde mé akiyo fèt pou rasanblé tout pèp la, peu importe l’origine et la classe social. Nous accomplissons un travail d’accompagnement social afin de guider la jeunesse, l’avenir du pays. Akiyo c’est une famille. C’est ma famille, ma vie. Je n’ai pas fait de service militaire mais un service culturel.

VIBZ : Comment se porte Akiyo musicalement ?

Jean-Pierre Coquerel : Très bien. Nous essayons de donner de la joie au public par le biais de nos diverses structures et formules. « Akiyo ka » qui se produit chaque samedi à la « piétonne » de Pointe-à-Pitre. « Akiyo Mas », pour les défilés durant le carnaval et bientôt durant l’année parallèlement à d’autres manifestations. « Akiyo mizik », notre formule live, présente ce soir au Bik Kreyol. Nous avons produit 5 albums depuis 1991. Nous n’avons pas de démarche commerciale mais sommes en quête de plaisir musical au sens noble. Le concept Alka Omeka du frère Ladrezeau est là pour en témoigner. Mon album est en pleine préparation et maturation.

VIBZ : Le concept Akiyo musique, une façon de faire évoluer le mas a Senjan, la musicalité des groupes à peau ?

Jean-Pierre Coquerel : En plus de la musique carnavalesque et de la formule léwoz « Akiyo Ka », nous avons créé un groupe pour divulguer notre message de manière orchestrale.

François Ladrezeau : Nous ne sommes pas figés dans la tradition. La musique est universelle. Depuis notre premier album nous avons eu recours à d’autres instruments que les percussions. Willy Salzédo, Christian Laviso et Eric Delblon sont de très bons musiciens. Avec eux, le partage musical est riche et intense. On s’amuse bien. Ils font partie de la famille Akiyo !

Willy Salzédo : La connexion est établie depuis ma rencontre avec Jean-Pierre Coquerel sur l’album, « Duos du soleil 2 ». Akiyo représente ma culture, mes racines, mon patrimoine. C’est un plaisir et un honneur de jouer à leurs côtés.

VIBZ : Est-il aisé de représenter la culture comme il se doit ? Que pensez-vous de l’évolution des groupes à peaux, des albums produits par des formations comme Mas Ka Klé, Kozeika ?

Patrick Coquerel : Nous ne sommes personnes pour juger. Lesansièl sé kè twavay la ka fèt épi kalité. L’important c’est de respecter le mouvement, ne pas faire de déviances.

Jean-Pierre Coquerel : On sent un travail bien fait. Cette musique doit de toute façon sortir des tripes et refléter les maux de la société. Il est dommage que les médias ne médiatisent pas les musiques qui mettent en avant les difficultés de notre société.

François Ladrezeau : Dans toutes les communes de Guadeloupe des groupes à tambours à peaux ont vu le jour. Les groupes ont délaissé les strass et les paillettes pour concevoir des costumes plus proches de notre culture. Nous devons perpétuer la tradition tout en tenant compte de l’évolution de notre société. Cependant les médias locaux ne respectent pas leur mission. Sans leur appui, il est difficile de promouvoir notre musique comme il se doit.

VIBZ : Un président membre actif du collectif LKP : un symbole, un hasard, un changement de cap ?

Jean-Pierre Coquerel : Rien de programmer mais il n’y a pas de hasard, vu les valeurs que défend Akiyo depuis sa création. Ça devait se faire, ça s’est fait. Vérité a nèg sé politik.

Patrick Coquerel : Nou ka rété an mèm ligné là. Nous gardons la même philosophie quelque soit le président. Chaque président amène du renouveau, un programme pour faire évoluer le mouvement. Le lyannaj avec le LKP n’a fait qu’officialiser des alliances existant depuis une décennie.

VIBZ : Un mouvement culturel et politique donc ?

Patrick Coquerel : Mas la sé dé moun i adan… Toute association est faite d’hommes avec leur idéologie, leur philosophie, leur position politique. Si tu adhères à Akiyo, tu adhères à la lutte pour la défense de ta culture, du patrimoine guadeloupéen. Nous sommes culturellement et socialement engagés avant tout. Nous sommes membres de la branche culturelle du LKP. Le mouvement LKP n’est pas politique même s’il comporte des politiciens. Sé on mouvman ka défan’ dwa a twavayè.

kok-la : Nou toujou twavay en lyannaj. Nous nous somme toujours battus pour des revendications justes : Kilti aw sé taw. Sa ou ka manjé, sé sa ou ka pwodui. Kilti sé rasin fondamental a on pèp.

VIBZ : Comment inverser la vapeur ? Tenter de guérir la société guadeloupéenne ?

Kok-la : Par la résistance culturelle. Un travail de conscientisation. La transmission, la communication. Toujours parler sincèrement pour sa famille, ses enfants, ses proches.

François Ladrezeau : La Spiritualité, la culture puis la politique constituent les fondements d’une nation équilibrée. Mè nou mèt chawèt la douvan bèf la. Nou mèt politik dabo alòs kè politik sé bitin a diab ! Yo ka di sé ti boug la pa bon mé yo ka voyé on paket à skootè, on paket bitin pou véglé yo adan on péyi a 60% chomaj. Favoriser une société de consommation sans enrayer le chômage c’est vouloir mener la Guadeloupe au chaos !

Marso : Mas la ni on paket lespwi ! Celui des ancêtres, du péyi, d’Afrique la terre-mère, de tous les lieux où se joue le tambour ? Il faut que l’homme fasse un travail sur lui-même pour joindre le « spirit du tambour », pou sa vin pi « i&i ». Tout le monde est touché, par le cosmos, l’air, l’appartenance à la nature. Après certain préfère le matériel, la société de consommation. Il faut savoir se mettre en harmonie avec la nature, porteuse d’énergie, de bonnes ondes. Les nombreuses catastrophes naturelles témoignent du non respect, du mal-traitement de la flore et de la faune, des sources d’énergie de l’homme.


VIBZ : Que pensez-vous de la fin du monde annoncée par certains en 2012 ?

Ladrezeau : Une stratégie pour créer la peur, la crainte, pour dissimuler quelque guerre ou fléau déjà programmé, pour continuer à conquérir le monde. Apres la colonisation le nouveau fléau de l’humanité est la mondialisation, ou plutôt la « mondiabolisation ». Les occidentaux foutent le bordel sur la planète. Ils ont mentis pour toute l’humanité mais tôt ou tard ça va changer. J’ai confiance dans la nature, les ancêtres, bondié. Ni moun ki ka priyé pou sa ki bon !

- REPORTAGE : Mike Croix, Melissa L

22 Mai 2010

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1 Message

  • En tout cas Big Up pour Akiyo et je le remercie encore pour le léwoz de la fête de mon quartier à L’Habituée, surtout à Ladrezeau que j’avais conctacté pour ce léwoz à capesterre belle-eau ;) C que du bonheur avec ce groupe ;)



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